Top 10 des films méconnus à voir impérativement


Retour sur 10 films méconnus que l'on vous conseille de (re)découvrir au plus vite.



L'enfant miroir (1990) - Philip Ridley


Nous voilà sans doute en présence d'une des œuvres les plus injustement méconnues du cinéma. Ressorti dernièrement en Dvd dans une nouvelle édition, ce conte horrifique se déroule dans l'Amérique rurale des années 50 et adopte le point de vue d'un petit garçon à l'imagination fertile, terrifié à l'idée que sa voisine soit un vampire. Écrit à la façon d'un récit d'apprentissage où l'innocence se frotte progressivement à la désillusion, le film, pourtant baigné dans une lumière rassurante, se présente comme une descente aux enfers, traversée d'éclairs de violence et de leçons de vie malheureuses. Tout bonnement inoubliable.

Pique-nique à Hanging Rock (1975) - Peter Weir


Source d'inspiration inépuisable pour nombre de cinéastes, cette œuvre reste un mystère, non seulement parce qu'il est très difficile d'en parler concrètement mais aussi en raison du secret qui l'entoure, cultivé à raison par une poignée de spectateurs, désireux d'en faire un objet inacessible. Plusieurs écolières disparaissent aux abords d'un immense rocher lors d'une sortie scolaire. Impossibile de savoir ce qui leur est arrivé. Toute l'intrigue dilate ce point de bascule, ce passage du bonheur à l'horreur, du connu à l'inconnu. La sensation hypnotique que procure le film nous plonge dans un état second, au point où l'on se met à vouloir déchiffrer l'énigme de cette disparition via ses sens et non son intellect. Une date souvent oubliée dans l'Histoire du Cinéma.


L'échelle de Jacob (1990) - Adrian Lyne

Cité régulièrement comme référence par les amateurs de cinéma fantastique, ce voyage cauchemardesque, porté par l'immense Tim Robbins, peut se targuer d'avoir hanté quelques esprits. Peut-être que le nom de son réalisateur, plus faiseur qu'auteur, explique l'échec commercial du film a posteriori. Proche des terreurs et des figures monstrueuses chères à H.P. Lovecraft, cette œuvre représente la psyché tourmentée de son protagoniste en un dédale urbain tentaculaire, où chaque rue, chaque souterrain réserve son lot d'hallucinations. Démons intérieurs ou non, la paranoïa est totale et repose sur une symbolique riche d'interprétations. À ranger sans hésitation parmi les chefs-d'oeuvres du genre.


Strange Days (1996) - Kathryn Bigelow


Devenu culte pour une frange de cinéphiles avertis, voilà un film encore trop confidentiel. Scénarisée par James Cameron, décidément fasciné par la relation homme/machine, cette dystopie annonce les dérives des sociétés écrans, en remplaçant progressivement le réel par le virtuel. Désormais il est possible de visionner les souvenirs d'autrui via des enregistrements très élaborés, qui nous placent en tant que sujet de l'action. Construit comme un polar, avec ses gangs et son crime à résoudre, le film propose une immersion incomparable, si bien que l'on peut y voir une analogie intéressante avec l'univers des jeux-vidéos, et prouve à quel point le pouvoir des images influence nos moindres comportements. À la fois avant-gardiste et ultra-contemporain.


Emprise (2002) - Bill Paxton


Passé relativement inaperçu à sa sortie alors même qu'il fut adoubé par Stephen King en personne, ce thriller diabolique se joue de nos certitudes avec brio. L'ambiguité, ici, concerne la nature du Mal. Un père, témoin de visions miraculeuses, se persuade de devoir abattre des démons ayant pris l'apparence de parfaits inconnus et embrigade ses deux fils dans sa quête irrationnelle. D'une noirceur absolue, le film éprouve les liens du sang en confrontant au sein d'une même famille le scepticisme cartésien à la foi la plus aveugle. Qui croire ? Comment y croire ? Le spectateur navigue en eaux troubles au gré d'un rite initiatique terrifiant qui impose aux personnages de se salir les mains au nom de Dieu. Un incontournable.


A bout de course (1988) - Sidney Lumet

Un peu laissé pour compte dans une filmographie de haut vol, ce long-métrage raconte la cavale d'une famille, obligée de changer d'identité, de passé, afin d'éviter la prison. Les parents ont commis le délit, bien malgré eux, et les enfants doivent payer le prix de leur forfait. À l'opposé du rythme effréné auquel on pourrait s'attendre, l'intrigue prend soin de décrire les états d'âme des personnages, confrontant l'impétuosité de la jeunesse aux responsabilités de l'âge adulte, sans verser dans un quelconque discours moralisateur. Le dénouement vaut à lui seul le détour, véritable décharge émotionnelle qui scelle la trajectoire de cette famille et du fils aîné, incarné à merveille par le regretté River Phoenix, à fleur de peau.


Le Géant de Fer (1999) - Brad Bird

Réalisé par celui qui donnera vie quelques années plus tard aux Indestructibles et à Ratatouille pour l'écurie Pixar, ce dessin animé n'a connu ni le succès ni la cote de popularité qu'il méritait. Étonnament mature, le récit se concentre sur l'incroyable rencontre d'un jeune garçon avec un robot venu d'une autre planète. Sous couvert d'une aventure pleine de rebondissements, le film dresse un portrait au vitriol des forces américaines, incompétentes et bêtement dépassées par les évènements. On retiendra en priorité l'épatante sensibilité et l'humour salutaire de cette belle histoire d'amitié, par ailleurs illustrée avec un sens du détail et une sobriété exemplaires. Les enfants apprécieront et les adultes tout autant.

Panic sur Florida Beach (1993) - Joe Dante

Quand le père des Gremlins signe un hommage vibrant aux séries Z d'antan, on s'en réjouit d'avance puis on s'attriste de l'écho limité qu'il a reçu. D'une part, le film revient avec nostalgie et bienveillance sur cette période où la salle de quartier était un lieu sacré, souvent même le temple du mauvais goût, et d'autre part, sur la menace atomique liée la crise des missiles de Cuba dont il se sert pour connecter la petite histoire à la grande. La mise en abyme, qui fait rejaillir dans le réel le danger de la fiction, devient grisante pour le spectateur qui s'identifie par ailleurs facilement aux jeunes héros cinéphiles qui rêvent d'amour et d'évasion. Le charme opère de façon exceptionnelle.

Appel d'urgence (1989) - Steve De Jarnatt

Loin des budgets faramineux des films à grand spectacle qui attiraient les foules à l'époque, cette série B, modeste en tous points, se vit quasiment en temps réel, sous pression. Alors qu'une bombe nucléaire s'apprête à frapper Los Angeles, un homme se lance à la recherche de la femme qu'il aime avant qu'il ne soit trop tard. L'imminence de la catastrophe, qui n'autorise aucune baisse de régime, précipite le destin des amants vers une issue que l'on redoute et qui suffit à elle seule à nous tenir en haleine. Il faut d'ailleurs évoquer une scène de panique collective très impressionnante, en plein centre-ville, où l'instinct de survie a remplacé toute forme d'entraide. Forcément marquant puisque parfaitement réaliste.

The Man from Earth (2007) - Richard Schenkman

Peu de gens en ont entendu parler, pourtant cette petite production en huis-clos, tournée pour 200 000 $ seulement, captive et impressionne par son ambition. Le contexte est simple, un groupe d'enseignants se réunit pour fêter le départ d'un des leurs quand ce dernier leur apprend qu'il est né au temps de la Préhistoire. Le débat passionné et passionnant qui anime les personnages ne s'essouffle jamais, révélant au compte-goutte des informations précieuses pour pouvoir distinguer au final le vrai du faux. Il ne faut surtout pas s'arrêter à l'esthétique télévisuelle du film qui, s'il ne bénéficie pas d'une grande mise en scène, offre une expérience unique, tant chaque dialogue et élément de réponse alimente la réflexion.

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