Interview de Laurent Trémeau, fondateur d'Un Festival c'est trop Court !


À l'occasion de la 16e édition du festival européen du court-métrage de Nice, "Un Festival c'est trop Court !", qui se déroulera du 14 au 21 Octobre 2016, nous avons pu interroger Laurent Trémeau, directeur artistique de l'association Héliotrope, organisatrice de l'évènement.

Qu'attendre de cette édition 2016 ? Est-ce qu'il y aura des nouveautés par rapport aux années précédentes ?


Pas vraiment en terme de programmation mais on a intégré des programmes supplémentaires, donc davantage de films projetés, dans les sections "Courts d'ici" et "Expérience" notamment. Ce qui est plutôt un bon signe, on a de plus en plus de films qui concourent. En terme de lieux de projection, le festival fera sa clôture au Théâtre National de Nice, ce qui est une nouveauté, même si l'on déjà organisé des évènements là-bas. Autrement, le festival durera plus longtemps cette année.


Sous quel signe ou thème s'inscrit cette édition ?


C'est un panorama décliné autour de la ville de Marseille, à partir de films et d'invités, comme "Chouf" de Karim Dridi, le documentaire "Épopée" d'Aurélia Barbet et aussi un programme "carte blanche" à des structures aixoises ou marseillaises. Il y a également la signature d'un livre qui s'appelle "Marseille Mise en scène". Après, on ne cherche pas à avoir un regard exhaustif sur la ville, mais c'était l'occasion d'émettre un point de vue dessus à travers plusieurs films et quelques auteurs.


Est-ce que vous décelez une inspiration commune au sein des courts-métrages sélectionnés cette année ?


Au niveau thématique, pas tellement. Aucun sujet ne nous arrête ou ne nous rebute. Chacun a ses sujets de prédilection bien sûr, mais on reste avant tout curieux et ouverts à ce qu'on pourrait découvrir. La sélection est un processus assez long, on est nombreux sur la ligne de départ, 30 à 40 à voir les films, moins sur la ligne d'arrivée, mais on finit par se retrouver à la fin, même si ce n'est pas tout à fait collectif ou démocratique.


Quel est le mot d'ordre donné à l'ensemble des membres du jury ?


Il n'y en a pas. Le jury est comme le public, il découvre les films que l'on a sélectionnés en salle, au travers des 8 programmes. S'il y avait un mot d'ordre, cela voudrait dire qu'on a déjà une petite idée de ce qu'on voudrait y voir. Cela n'exclut pas les discussions, le jury nous interroge parfois sur les raisons d'un tel film, sur la pertinence ou la cohérence des prix qu'il pourrait décerner. Il peut nous demander des chiffres de tendances ou si l'on connaît déjà le Prix du Public, mais on essaie de ne pas avoir d'influence en amont sur sa décision. Chaque année, on a des favoris collectivement mais aussi individuellement et donc forcément au fond de soi, on aimerait bien que tel ou tel film soit retenu. Après, on reste sur la réserve, on attend si possible d'intervenir une fois le verdict annoncé seulement, après les délibérations, parfois même pour jouer les arbitres lorsqu'il y a des désaccords, ce à quoi j'ai pu assister en 2014 par exemple.


"Un Festival c'est trop Court !" a-t-il déjà lancé les carrières de jeunes cinéastes ? Gardez-vous contact avec certains lauréats du festival ensuite ?


Oui, on les suit. Beaucoup de cinéastes continuent de faire des films, certains se mettent au long-métrage avant de revenir au court. Une carrière est de toute façon jalonnée d'envies, d'opportunités, d'incidents. Après même si on parle de court-métrage comme un tremplin vers le long, un accès à la notoriété ou du moins à un certain succès qui permet d'avoir une production et d'envisager une carrière, on s'intéresse avant tout aux films que l'on veut voir et faire découvrir. En un sens, il est difficile pour nous de dire qu'on a permis à un cinéaste d'éclore, quand on voit tous les festivals en France, ce serait un peu présomptueux. On contribue, on a dû contribuer au fait que certains réalisateurs, par un prix, aient pu bénéficier d'une certaine considération auprès de futurs financeurs pour leurs projets d'après. Le festival ne demande pas l'exclusivité, le contraire voudrait dire que l'on souhaiterait être pionniers. Comme notre public est principalement niçois, il y a de fortes chances pour qu'il n'ait pas vu les films en sélection donc l'intérêt est déjà là.


Remarquez-vous un regain d'intérêt ou du moins, une plus grande attention du public pour le Court-métrage ? Comment l'expliquez-vous ?


Oui, c'est plutôt un regain d'intérêt, de curiosité même. On le voit à la période du festival mais c'est toute l'année lorsqu'on organise des projections. Bien sûr, cela peut s'expliquer par le fait de pouvoir regarder des courts-métrages plus facilement avec le numérique. De notre côté, on attire aussi du monde en projetant les films dans des lieux qui ne sont pas forcément des salles de cinéma, comme l'auditorium du MAMAC qui est utilisé de façon ponctuelle.


L'association Héliotrope envisage-t-elle de sortir du champ du court-métrage pour s'aventurer du côté du long-métrage ?


En l'occurence, il y a souvent un ou deux longs-métrages dans la programmation du festival. Ce sont des films qui sortent en Octobre en salles, c'est un mois où il y a beaucoup de sorties, et on les choisit soit en fonction de l'actualité ou s'il s'agit de premiers longs-métrages. Autrement, on n'a pas décidé d'étendre la sélection au long, sinon il faudrait tout changer et ce ne serait plus « Un Festival c'est trop Court ! », mais "Un Festival c'est trop Court, c'est un peu Long ! ».


Quels sont les projets futurs de l'association ?


Ce qui se profile, c'est les 20 ans de l'association en Janvier 2017 et puis la saison 2016/2017, qui commence très fort avec le festival, le plus gros événement que porte l'association. On organise aussi toujours à côté des ateliers dans les collèges et lycées et dès Janvier, on relance l'appel à films pour l'édition suivante du festival. Entre temps, on aura fait un bilan de l'édition 2016, sur le plan technique, artistique, financier. Concernant les 20 ans, la date officielle étant le 15 Janvier prochain, notre idée est de faire un week-end de programmations, de montrer des films avec des invités, des personnes qui nous connaissent bien et d'autres qui ne sont jamais venues à nos évènements. Pour le moment, je pense surtout au festival mais je m'y consacrerai juste après.

Pour plus d'informations sur l'édition 2016 d'Un Festival c'est trop Court ! : www.nicefilmfestival.com/ufctc2016/

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