Au Fil de Synema 1 ~ Dans la Toile de Tim Burton (1/6)

Mis à jour : juil. 11


(Synema est une variété d'araignée qui n'a en commun avec notre sujet que le nom... et aussi le fait que le Septième Art est une immense toile, peuplée de nœuds dramatiques et d'émotions qui révèlent parfois les larmes... ces étranges rosées du matin. Ce n'est pas le Web qui contredira tout cela !)


Avec la sortie de Miss Peregrine et les enfants particuliers il y a déjà quelques jours, c'est l'occasion de revenir sur ce qui a fait la renommée de Tim Burton. Son style, son univers, ses réussites, ses échecs et même ses rêves à ce jour inachevés. N'oublions pas que tout envol vient après l'élan, alors je vous propose de remonter le fil "Burton" jusqu'à son premier long-métrage, Pee-Wee Big Adventure, sorti en 1985 des studios de la Warner Bros...


Une sonnette criarde retentit : c’est Pee-Wee Herman trônant avec une fierté gauche sur sa bicyclette d’un rouge aussi vif que son nœud papillon !

Par son visage à l’épreuve des grimaces les plus clownesques, ses cheveux plats et laqués et son allure de gamin gâté survolté de trente ans, le héros de cette histoire incarne bien le genre du film : déjanté, décoiffant et d’une fantaisie jouant avec le ridicule. Car ce n’est pas un hasard si ce grand dadais fait toujours précéder ses entrées bruyantes du cocorico d’une sonnette de vélo… En effet, Pee-Wee Big Adventure narre les péripéties de ce charmant et insupportable personnage en quête de son "destrier" qu’un riche voisin, plus ridicule encore, a dérobé par jalousie et envoyé le plus loin possible.


Proche du road movie, l’action se déroule sur le tapis gris des routes et autres autoroutes, occasion pour le protagoniste d’accumuler des rencontres étonnantes, et pour le réalisateur d’introduire les idées qui feront sa légende !

Affranchi des studios Walt Disney qui jugeaient son style trop noir pour un public enfantin, Tim Burton entre chez Warner Bros qui voulait produire un film dont Paul Reubens, alias Pee-Wee Herman, serait la vedette. Comme la firme cinématographique se centralise alors autour du projet Les Goonies, elle laisse plus de latitude au réalisateur pour cette production jugée "annexe".


Ainsi, parmi les couleurs flashies et grotesques, s’invitent quelques ombres et silhouettes tordues : des spirales psychédéliques, des figures aux yeux exorbités, une fête foraine avec son cirque, une grande place laissée à la nuit, jusqu’à l’énorme dinosaure en carton qui servira de cachette au héros poursuivi par un mari jaloux…

Les personnages aussi s’annoncent tout ce qu'il y a de plus "mortels" : un bagnard en cavale qui accepte de prendre le héros en autostop, une vieille conductrice de camion-citerne fantôme au visage qui se déforme beetlejuicement, un mari trompé très "tranchant" et sa femme volage, serveuse à une station-service, curieusement séduite par notre pauvre garçon au corps d’adulte.


Ce voyage initiatique entre spots voyants et obscurité plus amusante que terrifiante, peut rappeler Alice au Pays des Merveilles : des chapitres fous le long d’une autoroute et des situations absurdes. Le tout assaisonné d’humour parodique, que ce soit les menottes du fuyard dont l’éclat semble avoir tapé dans l’œil du héros, ou les panneaux « attention au virage », devenant plutôt des « attention au labyrinthe »…


Tim Burton est conscient de la "naïveté" de son film et en joue, jusqu’à décider que la voiture de l’évadé croisera le fameux vélo, ce "Graal", "exposé" sur un camion allant dans l’autre direction, sans que notre personnage le remarque.


Enfin, ode au cinéma, Tim Burton fait terminer son film par vingt minutes de course-poursuite à travers Hollywood après lesquelles le vélo est récupéré… sain et sauf ! On y retrouve un des récurrents hommages de notre réalisateur aux films d’horreur de série B, à travers les tournages que Pee-Wee traverse ou le cinéma de plein air, réservé, une fois encore, aux voitures !

Ultime touche d’autodérision du réalisateur : ce dernier film auquel assiste notre aventurier n’est autre que sa propre histoire adaptée ayant séduit quelques producteurs inspirés qui erraient par là ! « Inspirés », car ils ont préféré camper un "Pee-Wee-Bis" plutôt "Chuck-Norrissien" dans les bras duquel se languit une fiancée en extase. Un contrepoint qui ne manquera pas de faire sourire, surtout que, depuis le parking des spectateurs, le véritable héros préférera garder son cœur de gamin, refusant les avances d'une autre victime accidentelle de son charme…


Rien ne tarit l’enfance… Tout Tim Burton est déjà là !


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