Rencontre avec Frédéric Lamasse et David Rivière, organisateurs du Marathon du Film de Vence


Objectif Grand Angle a eu le plaisir de s'entretenir avec Frédéric Lamasse et David Rivière, organisateurs du Marathon du Film de Vence, à l'occasion de la troisième édition du festival, consacré au Court-Métrage. Coup de projecteur sur un événement local pas comme les autres.

Comment a évolué le festival au fil des éditions ?

Frédéric Lamasse : C'est une manifestation qui plaît car interactive, elle met à contribution beaucoup de monde, des comédiens, des techniciens, les services municipaux et les commerces aussi. On assiste à une grande chaîne de solidarité, où tous les maillons qui la composent, autant l'équipe du film que le personnel qui aide à sa faisabilité, ont envie de voir aboutir le projet. C'est vraiment là que se trouve l'esprit du Marathon du Film, et on ne peut nier que c'est monté en puissance avec cette troisième édition. On a préféré jouer la carte locale cette fois-ci, à la différence de la première édition par exemple, qui avait placé la barre un peu haut.

David Rivière : Ce qui a évolué également par rapport aux précédentes éditions, c'est l'organisation d'ateliers scénario, storyboard, tournage et montage, qui se sont développés et se déroulent désormais durant toute la semaine du festival. Ces ateliers sont gratuits et donc très sollicités. On a dû refuser beaucoup de candidatures. Notre idée est de faire connaître l'audiovisuel au plus grand nombre. Outre ces ateliers, on met en place des projections tout au long de semaine.

Intervenez-vous sur un plan artistique dans les projets ?

F. L : Le principe est simple. Une nouvelle est choisie. En l'occurrence, cette année, notre choix s'est porté sur "Saint-Barnabé : La Pergola du Ciel" de Pierrette Mathiot. Les inscrits la reçoivent et disposent de deux mois pour s'en inspirer et écrire un scénario ainsi qu'une note d'intention. On fait ensuite une pré-sélection et c'est là où on intervient sur un plan artistique. On se charge de bloquer les lieux de tournage, de soumettre les comédiens, on laisse néanmoins une grande liberté aux équipes, on est très protecteurs. On est aussi là pour que le projet avance correctement et efficacement. C'est notamment une des raisons pour lesquelles on a instauré cette année une projection technique en amont de la présentation au public.

D. R : D'un autre côté, on doit s'occuper de tellement de choses qu'il nous reste peu de temps pour prendre part au tournage. En les déchargeant des repérages, du casting, on s'assure que les équipes se concentrent sur l'artistique.

Comment sélectionnez-vous les films ?

F. R : On reste très attentifs sur la sélection. Quelqu'un peut vouloir jouer dans son propre film, ou intervenir sur plusieurs postes, et là on va se montrer méfiants. Un auteur peut déjà concourir avec ses films dans des festivals réputés et l'on considèrera qu'il n'a pas besoin de nous, qu'il est déjà en place. On veut surtout aider les réalisateurs qui n'ont pas encore pris tout à fait leur envol. Après, on reçoit des candidatures de toute la France, mais aussi de pays étrangers. On recherche soit un vécu de cinéma, soit une énergie particulière.

D. R : Au-delà des scénarios et des notes d'intention qui retiennent en priorité notre attention, on sélectionne aussi en effectuant une étude sur les candidats, on regarde ce qu'ils ont tourné, s'ils participent à d'autres tournages, de façon à évaluer leur aptitude à mener à bien un projet.

La ville de Vence influence-t-elle les films selon vous ?

F. R : Oui, bien entendu. Ce sont des paysages, les rivières, la fontaine, des rues, qui reviennent d'un film à l'autre. Vence est également une ville fortifiée, fermée. Cela permet des tournages dans le calme, aucun avion ne survole les lieux. L'influence se situe surtout à ce niveau-là.

D. R : Notre but est aussi de s'ouvrir aux autres villages alentours. Cette année, on était en collaboration avec Saint-Jeannet. Chaque équipe a l'obligation de tourner au moins 80 % du film sur Vence, les 20 % restants pouvant être tournés dans une commune voisine.

De quelle façon le jury appréhende la sélection ?

F. L : L'état d'esprit du jury est de ne pas décerner de premier prix, de deuxième prix, de troisième prix. Ils veulent avant tout du qualitatif, et récompensent par un clap « Marathon du Film » les films qui les ont marqués. Si jamais il y a une interprétation féminine ou masculine à mettre en avant, ou bien la musique ou la lumière, ils sont libres de remettre les prix qu'ils souhaitent.

D. R : Ce qu'on attend d'eux en revanche, c'est qu'ils développent et argumentent leurs avis sur les films. Les membres du jury, qu'ils soient auteurs, critiques de cinéma, savent manier la plume et sont donc en mesure d'exprimer et d'expliquer ce qu'ils ont ressenti.

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